Avec son rapport « Le travail et l’emploi dans vingt ans », le Centre d’Analyse Stratégique (CAS) aide à se projeter dans le futur : à quoi ressemblera le travail dans 20 ans ? Deux scénarios ont été élaborés : un premier d’“accélération technologique et sociétale”, un second de “rééquilibrage et de volontarisme des acteurs”.

Depuis les années 1970, le travail et l’emploi ont connu de profonds bouleversements en France : poussée de l’emploi tertiaire, féminin, des emplois de cadres et de professions intermédiaires, développement des contrats courts, persistance du chômage de masse.
Pour établir des scénarios plausibles pour 2030, les experts du CAS sont partis de 5 questions : pourquoi travaille-t-on ? Pour qui travaille-t-on ? Comment ? Où ? Et quand ? Selon eux, d’ici à 2030, si les motivations du travail devraient rester globalement les mêmes, les relations d’emploi – avec le brouillage des frontières entre les statuts et l’affaiblissement de la subordination – et les conditions concrètes d’exercice du travail – avec la remise en cause des “trois unités” (de temps, de lieu et d’action) – vont poursuivre leur évolution.
Ainsi, la segmentation accrue “des mondes du travail” est une constante dans les deux scénarios élaborés dans le rapport, de même que l’amélioration significative de la situation de l’emploi.
- Le scénario d’“accélération technologique et sociétale” dessine les contours d’un univers travail-emploi marqué par l’économie de la connaissance, numérique et verte. La segmentation du marché du travail y est plus forte mais sans nécessairement dégrader la situation, du fait des nouveaux modes de régulation, notamment non étatiques, qui émergent (articulation du marché et de la société civile).
- Le scénario “de rééquilibrage et de volontarisme des acteurs” est fondé sur des évolutions du contexte international qui allègent la pression sur l’emploi et le travail (notamment son coût) et donnent des marges de manœuvre aux acteurs pour nouer des partenariats efficaces. Dans les deux cas, les modes d’intervention des acteurs, notamment de l’État, devront évoluer, face aux enjeux d’emploi, de mobilité et de qualité du travail ou, plus globalement, de compétitivité et de cohésion sociale.

Dans les deux cas, les modes d’intervention des acteurs, notamment de l’État, devront évoluer, face aux enjeux d’emploi, de mobilité et de qualité du travail ou, plus globalement, de compétitivité et de cohésion sociale.
Pour répondre à ces défis, le groupe de travail formule quatre propositions principales :
- en matière de politique de l’emploi, disposer d’une panoplie d’outils réversibles pour gérer les chocs conjoncturels (dispositifs “dormants”, mesures types réactivables aisément, voire mesures conditionnées au franchissement de seuils macroéconomiques) ;
- passer progressivement à une politique de l’emploi davantage centrée sur l’appariement offre/demande sur le marché du travail et plus directement en lien avec les besoins des branches et des territoires ;
- mettre en place un “compte individuel social” de droits portables, de façon progressive et négociée, à partir du couple CET-DIF (compte épargne-temps, droit individuel à la formation) ;
- développer la responsabilité sociale de l’entreprise, par la communication et le travail de conviction, mais aussi par l’élaboration concertée d’un cadre de référence faisant l’objet d’un véritable “label RSE” ;
Ce travail de prospective du CAS vient compléter celui mené début 2011 par l’ARACT de Rhône Alpes. Observateur privilégié de l’évolution des conditions de travail, ARAVIS avait mobilisé 80 acteurs de la région pour dessiner une vision prospective du travail. Avec l’appui du cabinet Futuribles, cinq grands scénarios ont été imaginés 5 pour 2030. Un site pédagogique, ludique et interactif présente ces travaux.
Vous trouverez les scénarios et les propositions envisagés par le Centre d’Analyse Stratégique.